Les méthodes efficaces pour identifier le CMS d’un site

Identifier le CMS utilisé par un site web permet d’en apprendre davantage sur sa structure, ses fonctionnalités et les technologies sous-jacentes. Cela peut s’avérer utile pour les développeurs, les spécialistes SEO ou les chefs de projet cherchant à évaluer la concurrence ou à s’inspirer de certaines fonctionnalités. Plusieurs approches existent, allant de l’inspection manuelle à l’utilisation d’outils spécialisés capables de détecter des centaines de plateformes différentes.

Repérer les indices directement sur le site

Certains sites affichent des informations explicites dans leur pied de page. Il est fréquent de voir la mention « Propulsé par WordPress » ou « Powered by Drupal ». Ces informations apparaissent souvent sur des sites utilisant des thèmes gratuits ou des templates standard.

Si aucune indication n’est visible, une analyse du code source HTML peut révéler des indices. Un clic droit suivi de « Afficher le code source » permet d’accéder à l’ensemble des balises présentes sur la page. Rechercher des balises comme :

<meta name="generator" content="WordPress 6.1.1">

ou encore des signatures telles que :

<link rel="stylesheet" href="https://monsite.com/wp-content/themes/theme/style.css">

indique clairement que le site repose sur WordPress. D’autres CMS comme Joomla, Magento ou Prestashop affichent également des balises meta similaires.

Certaines plateformes intègrent des chaînes spécifiques dans l’URL des images, scripts ou feuilles de styles. Par exemple :

  • /wp-content/uploads/ → WordPress
  • /components/com_ → Joomla
  • /skin/frontend/ → Magento
  • /modules/ → Prestashop

Ces chemins sont souvent révélateurs, mais ils peuvent être modifiés par des développeurs pour des raisons de sécurité ou de personnalisation.

Outils en ligne pour détecter le CMS

Des outils en ligne permettent d’identifier automatiquement le CMS d’un site à partir de son URL. Ces plateformes scannent l’architecture du site, les balises HTTP, les signatures numériques et d’autres éléments techniques invisibles à l’œil nu.

  • WhatCMS – Capable de reconnaître plus de 400 CMS grâce à des bases de données actualisées. Cet outil se base sur des marqueurs spécifiques comme les headers HTTP ou les structures de fichiers.
  • Wappalyzer – Plus qu’un simple détecteur de CMS, il identifie également les frameworks (Laravel, Django), les bibliothèques JavaScript (React, Vue.js) et les outils analytiques. Wappalyzer est disponible sous forme d’extension pour Chrome et Firefox.
  • BuiltWith – Cet outil fournit une analyse approfondie, couvrant non seulement le CMS mais aussi les technologies serveur (Apache, Nginx), les réseaux CDN (Cloudflare, Akamai), et même les outils marketing utilisés sur le site.
  • CMSDetect – Simple d’utilisation, cet outil analyse rapidement les composants visibles d’un site pour déterminer le CMS. Il détecte également les plugins et les modules couramment utilisés.

Ces outils sont particulièrement efficaces pour des analyses rapides et permettent de comparer plusieurs sites en peu de temps.

Vérifier les pages de connexion administrateur

Les CMS ont souvent des URL d’administration par défaut. Ajouter certaines extensions à l’adresse d’un site peut révéler sa technologie sous-jacente. Par exemple :

  • /wp-admin/ → WordPress
  • /administrator/ → Joomla
  • /admin/ ou /index.php/admin → Prestashop et Magento

Si une page de connexion s’affiche, il est probable que le site repose sur l’un de ces CMS. Toutefois, ces chemins sont fréquemment modifiés pour des raisons de sécurité, notamment pour WordPress avec des extensions comme WPS Hide Login qui permettent de personnaliser cette URL.

Analyser les extensions et fichiers statiques

Les extensions de navigateur comme Wappalyzer ou BuiltWith Technology Profiler offrent une solution rapide pour détecter les technologies d’un site dès sa visite. Ces outils analysent l’ensemble des fichiers JavaScript, CSS et autres ressources chargées par la page, permettant de remonter jusqu’au CMS ou aux frameworks utilisés.

Une autre approche consiste à examiner les fichiers robots.txt ou sitemap.xml du site, qui peuvent révéler des structures de dossiers spécifiques à certains CMS. Par exemple, un fichier robots.txt contenant des exclusions comme :

Disallow: /wp-admin/  
Disallow: /components/

est un indicateur clair d’un site WordPress ou Joomla.

Approche manuelle et croisement des techniques

Aucune méthode ne garantit à elle seule une identification parfaite. Combiner plusieurs approches offre de meilleurs résultats. Une analyse du code source, l’utilisation d’outils en ligne et la vérification des pages administratives permettent de couvrir la majorité des cas.

Pour les sites ayant fortement modifié leur structure, l’inspection de fichiers spécifiques ou l’analyse des cookies de session peut fournir des indices supplémentaires. Par exemple, un cookie intitulé PrestaShop-XXXXXX confirme l’utilisation de Prestashop, tandis qu’un cookie woocommerce_items_in_cart pointe vers un site WordPress avec WooCommerce installé.